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›  ST 13 | Résistance des Gilets jaunes. Quels rapports au politique dans le système « monde » contemporain ? // Resistance of the Yellow Vests movement. What relationship to politics in the contemporary « world » system?

ST 13 | Résistance des Gilets jaunes. Quels rapports au politique dans le système « monde » contemporain ? // Resistance of the Yellow Vests movement. What relationship to politics in the contemporary « world » system?

Responsables de la ST : 

  • Sophie BEROUD (Université Lyon 2) – Sophie.Beroud@univ-lyon2.fr
  • Olivier FILLIEULE (Université de Lausanne) – Olivier.Fillieule@unil.ch
  • Corinne GOBIN (Université libre de Bruxelles) – corinne.gobin@ulb.be
  • Carole YEROCHEWSKI (Université Montréal) – carole.yerochewski@umontreal.ca

Appel à communications : 

Si la résistance socio-politique menée par les Gilets jaunes en France a fait couler beaucoup d’encre, du fait des formes inédites de mobilisations collectives et de visibilités publiques que ce mouvement populaire a forgé, trop peu de travaux ont dépassé un angle d’approche national, pour s’interroger, au-delà des particularités françaises de ce mouvement, sur des dynamiques plus générales. Décontextualiser le mouvement de son cadre français pour le recontextualiser dans des dynamiques européennes ou mondiales permet par exemple de considérer le rapport particulier au politique que ce type de résistances cherche à instituer afin de destituer un certain rapport de l’autorité politique à la population — inégalitaire, autoritaire et prompt à la répression policière et/ou judicaire— qui tend à se généraliser dans le cadre du renforcement des conceptions néo-libérales du politique et de l’État. Plus largement, l’institution actuelle de la « représentation » socio-politique ou socio-économique par des représentants, quels qu’ils soient, semble être particulièrement contestée  notamment parce qu’elle ne réussit plus à protéger de la paupérisation de larges franges des classes populaires. De nombreuses contestations sociales actuelles, en France, en Europe ou sur d’autres continents, témoignent ainsi d’une aspiration à un renouvellement profond du système politique qui associerait protection des moyens de vivre et de l’environnement à la démocratisation du pouvoir politique.

Résistances populaires et transformations des rapports au politique (pouvoirs, citoyennetés, représentations, contestations)

Le caractère international du Congrès et le thème de réflexion retenu, « Résistances », est des plus propices pour stimuler le débat sur des recherches qui abordent les résistances politiques contemporaines des classes sociales populaires, de type « Gilets jaunes », dans un questionnement plus comparatif et général sur la transformation du rapport entre État/système socio-politique de représentation et gouvernés, sur le contenu des citoyennetés (politique, sociale, économique) que cette transformation engendre et sur les types de résistances populaires visant à (re)donner sens à la démocratie dans un système mondialisé aux tendances autoritaires.

Des Gilets jaunes en France mais pas qu’en France

Si des propositions de communication sur les dynamiques de résistance et de transformation au politique basées sur l’analyse des Gilets Jaunes en France sont bien entendu les bienvenues, seraient particulièrement appréciées les analyses qui explorent d’autres situations nationales ou territoriales de résistances populaires ayant endossé le gilet jaune, tant la reprise de ce symbole fut très largement répandue en 2018 et 2019 lors de manifestations diverses.

A travers trois axes d’étude

Nous privilégierons les propositions qui s’inscriront dans un des trois questionnements suivants :
-les résistances politiques populaires comme analyseur de la conception contemporaine du pouvoir et de l’autorité politiques dans son lien avec la notion de l’intérêt général;
-les modes de résistance des Gilets jaunes comme intégrateur des modes de faire et d’agir d’autres fortes mobilisations populaires récentes qui le précédèrent (les printemps arabes ou le mouvement des indignés avec l’occupation des espaces publics, de points névralgiques de l’économie marchande, la place centrale des femmes, … ) en interrogeant le sens des éventuelles « continuités » ou au contraire leur absence ;
-le mouvement des Gilets jaunes comme transformateur des rapports à la mobilisation et aux résistances collectives, notamment par le fait qu’il a bouleversé la conception traditionnelle des alliances socio-politiques entre les organisations partisanes et syndicales qui ont incarné durant des décennies « la gauche » contre « la droite », et qu’il renouvelle les attentes de transformation sociale.


If the socio-political resistance led by the Yellow Vests in France has caused a lot of ink to flow, because of the new forms of collective mobilization and public visibility that this popular movement has forged, too few works have gone beyond a national approach, to question, beyond the French particularities of this movement, more general dynamics. Decontextualizing the movement from its French framework in order to recontextualize it in European or global dynamics makes it possible, for example, to consider the particular relationship to politics that this type of resistance seeks to establish in order to remove a certain relationship between political authority and the population – unequal, authoritarian and quick to police and/or judicial repression – which tends to become generalized in the context of the strengthening of neo-liberal conceptions of politics and the State. More broadly, the current institution of socio-political or socio- economic « representation » by representatives, whoever they may be, seems to be particularly contested, notably because it no longer succeeds in protecting large sections of the working classes from impoverishment. Many current social protests in France, Europe and other continents thus testify to an aspiration for a profound renewal of the political system that would combine protection of the means of life and the environment with the democratization of political power.

Popular resistance and changes in the relationship to politics (powers, citizenship, representations, challenges)

The international character of the Congress and the theme of reflection chosen, « Resistances », is most conducive to stimulating debate on research that addresses contemporary political resistance of the working classes, such as the « yellow vests », in a more comparative and general questioning on the transformation of the relationship between the State/socio-political system of representation and the governed, on the content of the citizenships (political, social, economic) that this transformation engenders and on the types of popular resistance aimed at (re)giving meaning to democracy in a globalized system with authoritarian tendencies.

Yellow Vests in France, but not only in France

While proposals for communication on the dynamics of resistance and transformation in politics based on the analysis of the Yellow Vests in France are of course welcome, analyses that explore other national or territorial situations of popular resistance who have donned the yellow vest would be particularly appreciated, as the revival of this symbol was so widespread in 2018 and 2019 during various demonstrations.

Through three lines of study

Priority will be given to those papers that develop one of the following three lines of reflection.
-Popular political resistance as an analyzer of the contemporary conception of political power and authority as it relates to the notion of the general interest;
-The resistance of the Yellow Vests as an integrator of the ways of doing and acting of other recent strong popular mobilizations that preceded it (the Arab Springs or the movement of the indignant with the occupation of public spaces, of nerve centres of the market economy, the central place of women, … ) by questioning the meaning of possible « continuities » or, on the contrary, their absence; -the Yellow Vests movement as a « transformateur » of the relationship to mobilization and collective resistance, in particular by the fact that it has overturned the traditional conception of socio-political alliances between partisan and trade union organizations that for decades embodied « the left » against « the right », and that it renews expectations of social transformation.