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8ème Congrès ABSP et 9ème Congrès CoSPoF

Le 8ème Congrès de l’ABSP, conjointement organisé avec la 9ème édition du CoSPoF (congrès des associations francophones de science politique), se tiendra du 07 au 09 avril 2021 à l’Université Libre de Bruxelles sur la thématiques des « Résistances ». Retrouvez ici l’appel à propositions pour l’organisation de sections thématiques.

Formulaire à remplir pour soumettre une proposition de ST. 

Au cours des dernières années, des mouvements dits de résistance et de contre-résistance ont vu le jour, portant une analyse de la situation présente qui se veut différente, voire alternative, aux analyses perçues comme dominantes. Ces formes de résistances empruntent différents registres et s’expriment dans divers domaines, espaces et temporalités. Ces résistances ne sont pas nécessairement convergentes et peuvent même s’affronter. De droite à gauche et au-delà de la sphère strictement politique, les résistances se déploient contre les transformations d’un ordre politique, économique, institutionnel, administratif, organisationnel, social, écologique, ou international jugé illégitime, inadéquat ou défaillant, voire excessif. L’État et les institutions formelles et administratives n’en sont pas les seules cibles, sont également visés des entreprises, des institutions culturelles ou même des ordres moraux. Ces phénomènes de résistance peuvent s’exprimer au sein des institutions politiques traditionnelles que sont les partis politiques ou les syndicats aussi bien qu’à leurs marges ou au sein de la société civile, ce qui les pousse à les prendre en compte, les intégrer, voire à les normaliser ou les subvertir. La revendication de ces résistances revêt divers enjeux qu’il convient d’analyser.

Ces processus de résistance très divers regroupent des communautés variées : les gilets jaunes, les manifestations des jeunes pour le climat, l’hébergement des migrants, « me too », des actions mémorielles, la manif pour tous, le développement de zones « LGBT-free », les mouvements de droite radicale et de suprématie blanche, le radicalisme religieux, etc.

Ces phénomènes ont pour particularité qu’ils visent à dénoncer et agir pour inverser la tendance d’un système perçu tantôt comme anti-démocratique, dangereux, oppressant ou uniformisant. Il ne s’agit pas seulement de porter ces visions et des pratiques alternatives dans l’espace public mais aussi de lutter pour ne pas laisser penser à une acceptation, une résignation ou à une naturalité de l’interprétation dominante de ces problèmes publics, mais surtout de proposer une alternative à la pratique dominante. Toutes ces initiatives se réfèrent explicitement à une forme de résistance.

Elles débouchent sur des activités multiformes. Ces résistances mettent en forme d’anciennes comme de nouvelles formes de militantisme et de répertoires d’action. Elles misent autant sur l’innovation, les nouvelles technologies et les statistiques que sur les registres plus établis de l’action collective. Elles se déploient à différentes échelles d’actions, certaines embrassant les scènes internationale et transnationale, mais ne délaissent pas l’échelon local. Elles renouvellent les identités individuelles comme collectives, autant que l’appareil conceptuel et les grammaires des interactions sociales et politiques en opérant des glissements sémantiques et des redécouvertes théoriques, voire l’émergence de nouvelles théories. Ces formes de résistance traduisent les lignes nouvelles de clivage qui traversent nos sociétés actuelles.

Elles reposent également sur le développement de sources d’information alternatives, telles les sites internet comme Datagueule, Mister Mondialisation et la figure des lanceurs d’alerte tels que Wikileaks. Elles traversent tout autant les comportements de consommation – par des pratiques plus sélectives, voire de boycott – que les modes de production. Les réseaux sociaux permettent de leur donner une visibilité plus rapide dans l’espace public. À côté de ces résistances visibles et aisément identifiables, des formes moins affirmées de résistance ont lieu notamment dans le détournement de certaines catégories d’action publique, administratives ou sociales. Celles-ci s’affichent peut-être moins parce qu’elles pourraient être sujettes à une sanction plus ou moins sévère ou ne se présentent pas comme telles. Néanmoins, elles traduisent une réaction de lutte dans une situation perçue comme conflictuelle, menaçant les équilibres sociaux et/ou naturels existants ou désavantageant certains groupes sociaux. Le prisme des résistances permet ainsi de politiser des phénomènes sociaux, politiques ou économiques en donnant à voir leur portée politique.

Le congrès 2021 de l’ABSP et COSPOF explorera ces différentes formes de résistances pour en dégager la diversité, la portée et les limites grâce au concours des différentes sous-disciplines de la science politique et à travers la multitude de terrains qu’offrent notamment les recherches menées dans les différents pays francophones.