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›  Bruxelles : une capitale ingouvernée et ingouvernable ? / Brussels: an ungoverned and ungovernable capital?

Bruxelles : une capitale ingouvernée et ingouvernable ? / Brussels: an ungoverned and ungovernable capital?

Apports de la science politique à l’analyse des modes de gouvernement et de gouvernance bruxellois. / A contribution from the political science to the analysis of Brussels’ modes of government and governance.

 

Organisateurs

  • Jean-Paul Nassaux (CRISP / ULB)
  • Muriel Sacco (ULB)
  • Tandé, Alexandre (Max Planck Institute)

Abstract

(scroll down for English version)

L’actualité politique récente – les attentats commis à Paris en janvier et novembre 2015, puis à Bruxelles en mars 2016 – a replacé la capitale belge au coeur de l’attention médiatique. Si le phénomène s’inscrit dans une histoire plus longue, la critique des pouvoirs publics bruxellois a pris ces derniers mois une vigueur nouvelle, qui s’observe à la fois localement, à l’échelle du pays et au niveau international. A titre d’exemple, le site américain Politico a désigné la Belgique comme un “État qui a échoué”, et le quotidien belge néerlandophone Heet Laatste Nieuws s’est inquiété du “chaos urbain” bruxellois.

Pour de nombreux chercheurs en science politique travaillant sur l’histoire et les transformations de l’agglomération, de telles déclarations relèvent du fantasme et du mépris. Elles traduisent aussi une méconnaissance du terrain et des enjeux locaux, notamment celui de la complexité politique et institutionnelle de Bruxelles.
Dans ce contexte particulier, des questions anciennes se posent cependant avec une acuité renouvelée : celle de savoir ce qu’il convient de répondre à ce type de discours, et ce que la science politique peut apporter comme éclairage particulier sur les réalités bruxelloises.

Dans le cadre du Septième congrès triennal de l’Association belge francophone de science politique, cette section thématique examinera les modes de gouvernement et de gouvernance de Bruxelles. Une attention particulière sera portée à l’une des trois dimensions du politique : l’action publique (policies). On se proposera ainsi d’examiner le fonctionnement concret des institutions ayant Bruxelles pour objet, le travail des acteurs faisant vivre ces institutions au quotidien, et la manière dont les publics destinataires de celles-ci en perçoivent les effets.

Bruxelles est souvent décrite par les professionnels de l’action publique actifs sur son territoire comme un laboratoire des modes de gouvernement et de gouvernance. Le défi que cette section thématique se propose de relever sera d’apporter des réponses empiriques, méthodologiques et théoriques permettant de tester la véracité de cette définition et, le cas échéant, de lui apporter un contenu scientifique.

Les recherches présentées dans le cadre de la section thématique devraient traiter certains des éléments suivants :

  • Composantes de l’action publique : élaboration, mise en oeuvre et effets.
  • Organisations : cabinets politiques, administrations, organismes para-publics, organisations privées (entreprises, associations).
  • Institutions exerçant des compétences sur le territoire bruxellois (à titre principal et/ou leurs modes d’articulation) : Région de Bruxelles-Capitale, dix-neuf communes bruxelloises, Communautés française (Fédération Wallonie-Bruxelles) et flamande, Commission communautaire commune (COCOM), autorités fédérales, Union européenne.
  • Secteurs d’activité : économie, emploi, formation, enseignement, culture, logement, mobilité, cohésion sociale, etc.
  • Problématiques actuelles : attentats terroristes, plan “Wathelet”, afflux de réfugiés, tunnels…

Cependant, tous les objets et toutes les approches théoriques sont a priori bienvenus, de même que les méthodes qualitatives, quantitatives et mixtes.

Une préférence sera donnée aux travaux innovants et valorisant en même temps les recherches existantes portant sur l’agglomération bruxelloise, son territoire et ses populations depuis la création de la Région de Bruxelles-Capitale en 1989.

Les chercheurs désireux de proposer une communication sont aussi invités à réfléchir à la manière dont leur propre travail pourrait enrichir les débats publics sur / à Bruxelles.

La discipline de référence pour cette section thématique sera la science politique. A condition de lier leur exposé aux principales orientations de cette discipline (notamment l’attention aux enjeux de pouvoir), des chercheurs issus de disciplines proches (sociologie, anthropologie, histoire…) sont également invités à déposer un projet de communication.

La langue principale des échanges sera le français. Les communications pourront être présentées en français et en anglais.

***

Recent political developments – the attacks perpetrated in Paris in January and November 2015, then in Brussels in March 2016 – have replaced Brussels at the center of media attention. Even if the phenomenon is part of a longer history, criticism of the Brussels government has grown in intensity in recent months, something that can be observed locally, nationally and internationally. For example, the American website Politico identified Belgium as a “failed state”, and the dutch-speaking Belgian daily Heet Laatste Nieuws worried about the “urban chaos” of Brussels.

For many political scientists working on the history and transformations of the metropolitan area, such statements fall within the scope of fantasy and contempt. They also reflect a lack of local knowledge, including that of the political and institutional complexity of Brussels. In this particular context, old questions arise, yet with renewed intensity: what is it possible to answer to this kind of discourse, and what can political science specifically bring to shed light on the Brussels’ realities?

In the context of the 7th triennial Congress of the French-speaking Belgian Association of political science, this thematic section will examine the modes of government and governance of Brussels. Particular attention will be given to a major political issue, namely public policies. We thus propose to examine the public institutions whose principal target is Brussels and how they concretely operate. Likewise, we are interested in the work of actors keeping these institutions going on on a daily basis, and also in the manner in which the public recipients of these policies perceive their effects.

Professionals committed to policies on the territory of Brussels often describe the city as a laboratory of modes of government and governance. This thematic section will provide empirical, methodological and theoretical answers allowing to test the relevance of this definition.

Research presented in the context of the thematic section should address some of the following elements:

  • Components of public policies: elaboration, implementation and effects.
  • Organisations: cabinets, administrations, paragovernmental bodies, private organisations (companies, associations).
  • Institutions exercising jurisdiction over Brussels’ territory (primarily and/or their articulation): the Brussels-Capital Region, the nineteen municipalities of the Region, the French Community, the Flemish Community, the Common Community Commission (COCOM), the Federal State, the European Union.
  • Activity sectors: economy, employment, vocational training, education, culture, housing, mobility, social cohesion, etc.
  • Current issues: terrorist attacks, Plan Wathelet, refugee influx, tunnels…

However, all research objects and theoretical approaches are a priori welcome, as well as qualitative, quantitative and mixed methods.

Preference will be given to innovative works that, at the same time, lean on existing research focused on the Brussels’ agglomeration, its territory and its populations since the creation of the Brussels-Capital region in 1989.

Researchers wishing to submit a paper are invited to reflect on how their own work could enrich public debate on / in Brussels.

The reference discipline for this thematic section will be political science. Provided that they connect their presentation to the main orientations of this discipline (including attention to issues of power), researchers from related disciplines (sociology, anthropology, history…) are also invited to submit a draft communication.

The main language of discussion will be French. Papers may be given in French and English.

Programme

Panel A – Lundi 3 avril, 10h-12h30 – Salle de réunion n°1 (bât.A – 3e étage)

Président: Alexandre Tandé; Discutants: Muriel Sacco et Jean-Paul Nassaux

 

Panel B – Lundi 3 avril, 14h-16h30 – Salle de réunion n°1 (bât.A – 3e étage)

Président: Jean-Paul Nassaux; Discutant: Alexandre Tandé